Bonjour,


Suite.


La Basa Jaun, bien repu, s'endormit. Aussitôt, le soldat prit la broche
qui avait servi à faire rôtir son camarade, la fit rougir dans le feu,
l'enfonça dans l'oeil du Basa Jaun et l'aveugla.
Le Basa Jaun, hurlant, courut partout pour trouver l'étranger; mais le soldat s'était tout de suite caché dans l'étable, au milieu du troupeau de moutons du Basa Jaun, ne pouvant sortir parce que la porte était fermée.

Le lendemain matin, le Basa Jaun ouvrit la porte de l'étable et, voulant s'emparer du soldat, fit passer les moutons qui sortaient
entre ses jambes un à un; mais il était venu à l'esprit du soldat qu'il devait écorcher un mouton et se revêtir de sa peau, afin que l'aveugle
ne l'attrapât point. Comme le Basa Jaun touchait tous les moutons, la peau de l'un d'eux lui resta dans les mains,
et il pensa que l'homme avait passé par-dessous.

Le soldat s'échappa mais le Basa Jaun, qui lui courait après comme il pouvait,
lui cria: "Tiens, prends cet anneau, afin que quand tu seras chez toi, tu puisses
raconter quelle merveille tu as faite!".  Et il lui jeta l'anneau.

Le soldat le ramassa et le mit à son doigt; mais l'anneau se mit à parler
et à dire: "Je suis ici! je suis ici!"
Le soldat courait, l'aveugle courait.
Le soldat épuisé, craignant que le Basa Jaun ne l'attrapât, pensa, en arrivant près d'une rivière, à y jeter l'anneau, mais il ne put le sortir de son doigt.
Alors, il se coupa le doigt et le jeta avec l'anneau dans la rivière.

L'anneau, du fond de l'eau, continuait à crier: "Je suis ici! je suis ici".
Le basa jaun, entendant cet appel, entra dans l'eau et s'y noya.

Le soldat passa alors la rivière sur un pont et s'échappa
bien heureux à sa maison.



Histoire extraite de livre: Contes populaires et légendes du Pays Basque.
J.F. Cerquant




A bientôt




Amatxi




    

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