Bonjour,



Voici une légende tirée du livre
Contes populaires et légendes du Pays Basque (J. Barbier)



Les Laminak à Saint Pée au pont d'Utsalea



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Le pont d'Utsalea


Lamina : mot basque désignant un être fantastique de la mythologie basque, un esprit de la nature ou génie d'apparence humaine.
Pluriel : des Laminak


Il y a quelque deux ou trois cents ans, les Laminak, dit-on, avaient une demeure à Saint Pée, sous le pont d'Utsalea. Mais, on avait beau y regarder, personne ne pouvait rien savoir de cette retraite.

Une fois, cependant, raconte-t-on, un de ces Laminaks allait mourir.
Ses compagnons savaient fort bien que son heure était venue; et, fatalité, il ne pouvait absolument pas trépasser, sans qu'un être humain - qui ne fût pas un Lamina - fût venu le voir et eût récité devant lui une prière, si petite fût-elle !

Les Laminak avaient un ami à Gaazetchea; L'un d'entre eux s'en fut donc auprès de lui :
- Par grâce, vous allez venir jusque chez nous !.... Un de nos compagnons est très mal, et il ne pourra exhaler sont dernier souffle que vous ne l'ayez vu, et que vous n'ayez dit un petite prière pour lui. Vous aurez un beau salaire : une somme de cinquante francs, sans compter quelque étrenne.

Cinquante francs n'étaient pas alors faciles à gagner ... La femme de Gaazetchea se résout donc à l'expédition, et advienne que pourra !...

Tandis qu'ils s'acheminaient tous les deux vers le pont d'Utsalea,
le Lamina dit à sa compagne :
- S'il vous arrive d'entendre quelque bruit, tout à l'heure, tandis que vous sortirez de chez nous, ne regardez pas, je vous prie, en arrière !
Allez toujours votre chemin, droit chez vous. Sans cela, vous perdrez votre cadeau, et vous ne vous en serez même pas douté.
- C'est bien. Je ne vais certes pas regarder en arrière.

Les voilà donc près du pont d'Utsalea. Ils leur fallait traverser, pour rentrer dans la maison. Le Lamina frappe l'eau avec une sienne baguette, et, tout de suite, l'onde se divise en deux parts. Tous deux ils passent; et, dere-chef, de sa baguette, le Lamina frappe l'eau qui reprend immédiatement sa place.

La femme pénètre dans la maison; elle dit une prière devant le Lamina expirant et s'apprête à sortir.

Mais les Laminak n'entendaient pas qu'elle s'en alla ainsi, sans s'être restaurée : "Elle mangerait bien une bouchée tout au moins!"

Ils lui servent donc un fort bon repas et puis, en plus d'une somme de cinquante francs, ils lui remettent une tabatière en or .....



Le texte est un peu long, la suite sera donc pour demain.



A bientôt



Amatxi


    
 

 

 

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