Bonjour,

Deux bateaux espagnols sont retenus dans le port de Bayonne.

Interceptés par les vedettes de la Base navale de l’Adour, le « Berriz Matutina » et le « San Fermin Berria » avaient transbordé 4,4 tonnes d’anchois.

Les bateaux espagnols amarrés près du pont Grenet.

Les bateaux espagnols amarrés près du pont Grenet.

Hier matin, une vingtaine de bateaux de pêche espagnols sont entrés dans le port de Bayonne. « On ne savait pas ce qu’ils allaient faire. Le risque était qu’ils bloquent le port », confie Jean-Luc Vaslin, délégué à la mer et au littoral pour les Pyrénées-Atlantiques et les Landes. Cette flottille de protestation réagissait à la rétention par les autorités françaises de deux bolincheurs (1) immatriculés à Fontarabie. Le « Berriz Matutina » et le « San Fermin Berria », amarrés au quai Edmond-Foy, sont saisis à titre conservatoire.

La Délégation à la mer et au littoral (anciennes Affaires maritimes) reproche un transbordement aux deux équipages. Une fraude constatée à 50 milles nautiques au large d’Arcachon (NDLR : environ 90 km), par un avion des douanes, jeudi. « Les douaniers ont vu les bateaux espagnols bord à bord. Ils transféraient des anchois de l’un à l’autre. La réglementation européenne interdit les transbordements car c’est une façon assez facile de tricher sur les déclarations obligatoires du fruit de la pêche. » Autrement dit, une manière de s’affranchir des quotas de pêche.

Le transbordement est une pratique interdite par l’Union européenne. Les capitaines du « Berriz Matutina » et du « San Fermin Berria » le savent mais, comme l’ensemble de leurs pairs en Espagne, ils arguent y être contraints pour des raisons économiques. La pêche à l’anchois nécessite pour eux des incursions lointaines dans le Golfe de Gascogne, soit des frais importants, que ce soit en carburant ou en main-d’œuvre. Les pêcheurs ibères évoquent des seuils de rentabilité au-dessus des quotas européens.

C’est pour ces raisons que la corporation (les cofridas, organisations de pêche qui la composent) attend du gouvernement espagnol qu’il négocie une dérogation avec l’Europe. Pour l’heure, Madrid n’a pas donné de suite favorable à cette demande.

Photos aériennes

Les photos aériennes transmises au Centre national de surveillance des pêches (CNPS), à Etel (2), conduisent Jean-Luc Vaslin à ordonner le déroutement des bateaux. La Base navale de l’Adour est sollicitée. Ses deux vedettes, « l’Athos » et « l’Aramis » croisent alors au large de Biscarrosse, pour sécuriser des tests d’armements du Centre d’essai des Landes. « La Marine a redirigé ses deux bâtiments pour arraisonner le ‘‘Berriz Matutina’’ et le ‘‘San Fermin Berria’’.»

Les capitaines des deux embarcations interceptées ont reconnu les transbordements. Ils ont ainsi transféré 4,4 tonnes d’anchois. Le premier navire est escorté, jeudi soir jusqu’au port de Bayonne, où il stoppe ses machines à 21 heures. Le second a fait le même chemin, hier, aux aurores. Tout près du pont Henri-Grenet stationnent les bolincheurs de 31 mètres chacun. « Ce sont des bateaux assez importants, avec 15 hommes à bord », précise le délégué à la mer et aux ports.

Hier matin, les gendarmes de Bayonne interrogeaient les capitaines et armateurs. Dans le courant de la semaine prochaine, ils passeront devant le Juge des libertés et de la détention (JLD). « Cela ne signifie pas qu’ils peuvent être arrêtés, évidemment. C’est la procédure qui demande au juge de fixer le montant de la consignation. » Soit la caution contre laquelle les propriétaires des navires pourront en reprendre possession.

Anchois à la criée

Dès hier après-midi, la criée de Saint-Jean-de-Luz vendait les 4,4 tonnes d’anchois saisies. Une vente consignée au profit de l’État. L’argent servira à payer la consignation. « Si son montant est inférieur au fruit de la vente, nous restituerons évidemment la différence. » Dans le cas inverse, les armateurs signeront un chèque en complément. Dans l’intervalle, ils doivent maintenir une équipe sur les bateaux.

(1) Le bolincheur cible les poissons dits « bleus » comme la sardine, l’anchois et le chinchard. Ce type de bateau utilise un filet tournant : la bolinche. (2) Centre national de surveillance des pêches est la police des pêches, qui dépend du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Etel, dans le Morbihan.

Ce texte est tiré du journal Sud-Ouest.

A bientôt

Amatxi

Retour à l'accueil